12/03/20264 min de lectureMULTI

Sīdī Aḥmad Skiredj et son engagement dans la voie tijanie

Sīdī Muḥammad Errāḍī Guennūn

Skiredj Library of Tijani Studies

Le savant juge Sidi Ahmed Skiredj fut l'un des plus grands érudits de la voie tijane. Il s’engagea dans cette voie en l'an 1316 de l'Hégire sous l’orientation de plusieurs éminents savants de la ville de Fès. Grâce à son amour pour la voie et son désir d’en acquérir les sciences, il approfondit son étude et rencontra de nombreux maîtres, notamment le Cheikh Ahmed Al-Abdellawi. Sa passion pour la voie ne cessa de croître jusqu'à sa mort, et il écrivit des centaines de livres et de poèmes en témoignage de son amour pour cette voie et de son attachement au Cheikh Abou Al-Abbas Tijani.

Sidi Ahmed Skiredj était connu pour ses poèmes dédiés aux zawayas tijanes dans différentes villes, où il faisait l’éloge de chaque centre spirituel, notamment la grande zawiya de Fès, ainsi que les zawayas de Salé, Tétouan et Tlemcen. Il recourait souvent à la poésie pour exprimer son amour pour la voie et ses figures emblématiques, allant jusqu'à inscrire des vers sur les murs de la zawiya de Fès. Profondément attaché au Cheikh Tijani, il composa de longs poèmes et recueils en son honneur, dont Les Effluves divines dans les louanges tijanes et La Vie du cœur périssable dans la louange du pôle tijani.

De plus, Sidi Ahmed Skiredj fut l’un des plus fervents défenseurs du soufisme et de la voie tijane. Il confronta avec courage les détracteurs de la voie et rédigea de nombreux ouvrages pour défendre la voie, notamment La Consolation de l’œil, Le Secret divin, Le Collier de corail, Le Chemin droit, La Foi véritable, La Dissipation du mal et Les Pierres réprimandantes. Ces écrits et débats contribuèrent grandement à fortifier l'image de la voie tijane et à révéler sa véritable nature face aux calomnies.

Son puissant désir de promouvoir et de défendre les enseignements de la voie était enraciné dans sa foi et sa sincérité. Il considérait ces efforts comme une façon de relier les générations aux enseignements véritables de l’Islam et de répondre aux accusations infondées.

Quant à la raison de son attachement à la voie tijane, elle remonte à son enfance, lorsqu'il accompagnait son grand-père, Sidi Abdel Rahman Skiredj, à la prière du Maghreb et aux litanies de la zawiya de Fès. Malgré le décès de son grand-père en 1311 de l’Hégire, il continua à fréquenter la zawiya avec son père, Al-Haj Al-‘Ayachi, ce qui renforça son éducation dans un environnement soufi authentique. Il décida de s’engager officiellement dans la voie en 1315 de l’Hégire sous la direction de Sidi M’hammed Guennūn, alors qu’il avait vingt ans.

Sidi Ahmed Skiredj renouvela son engagement auprès de grands érudits tels que Moulay Abdel Malik Al-Alawi et Moulay Abdullah Al-Badrawi. En 1316 de l’Hégire, il reçut une autorisation complète du noble Moulay Ahmed Al-Abdellawi, qui lui transmit de nombreux enseignements et secrets. Une profonde amitié et fraternité spirituelle se noua entre lui et le fils d’Al-Abdellawi, Sidi Mohammed. En 1318 de l’Hégire, l’érudit Skiredj rédigea son premier livre sur la voie, L'Étoile brillante pour l’explication du chemin (Al-Kawkab Al-Wahaj) suivi par Le Lever du voile (Kachf Al-Hijab), ce qui lui valut une grande renommée dans les cercles savants et soufis.

Son autorisation dans la voie tijane remonte au Sīdī Aḥmad al-Tijānī à travers plusieurs figures éminentes, parmi lesquelles les « quatre piliers de la voie », comme Sidi Mohammed Al-Ghali Abou Talib et Sidi Al-Haj Abdel Wahab Ben Al-Ahmar. Cela conférait à son autorisation une profondeur et des liens spirituels forts avec les maîtres du soufisme. Sa chaîne de transmission, surnommée « la chaîne dorée » en raison de son élévation, se connecte au Cheikh Sīdī Aḥmad al-Tijānī à travers son calife Sidi Al-Haj Ali Tamassini et le grand mystique Sidi Ahmed Al-Abdellawi seulement.