Skiredj Library of Tijani Studies
Sīdī Aḥmad al-Tijānī, fondateur de la voie tijane, occupe un rang spirituel unique, illuminant les générations comme une pleine lune perçant l'obscurité. Son statut de « sceau de la sainteté cachée » lui confère une place centrale parmi les saints, et ses bénédictions se répandent sur les créatures, érudits et simples croyants, qui reçoivent des émanations divines à travers lui. Selon ses enseignements, toute bénédiction reçue par les prophètes se transmet ensuite par son essence, de laquelle elle est diffusée vers toute la création, du commencement à la fin des temps.
Le Cheikh déclare également que le Prophète, prière et salut d’Allah sur lui, qu’il a rencontré en état d’éveil, l’a désigné comme un guide et un refuge pour tous les pécheurs sincères qui s'attachent à lui. Cette position de chef spirituel, il ne l'a acceptée qu’après avoir reçu l’ordre explicite du Prophète, garantissant que toute âme affiliée à sa voie bénéficierait de son intercession. Cet engagement se traduit par une demande qu’il adressa au Prophète : il prie pour que lui-même et tous ceux qui s'affilient à sa voie meurent dans la foi et soient protégés des tourments jusqu'à leur entrée au Paradis. En réponse, le Prophète lui assure la réalisation de ces requêtes pour lui et pour tous ceux mentionnés, leur promettant une place en sa compagnie dans les hauts degrés du Paradis.
Le Cheikh Sīdī Aḥmad al-Tijānī est né à Aïn Madhi (au Sahara oriental – en Algérie actuellement) en 1150 de l’Hégire, dans une famille pieuse et honorée. Sa mère, Aisha, est décrite comme une femme d’une grande sainteté, tandis que son père, l’érudit Sidi M’hammed, était un homme de science et de piété reconnu.
Dans sa jeunesse, Cheikh al-Tijani mémorise le Coran et s'engage dans l’étude des sciences religieuses. Plus tard, il se consacre à la voie soufie, cherchant les connaissances divines auprès de nombreux maîtres spirituels. Bien que marié, il décide de divorcer pour mieux se concentrer sur sa quête spirituelle. Par la suite, il épousa deux servantes, Mabruka et Mubarka, qui deviennent les mères de ses fils, Mohammed el-Kabir et Mohammed el-Habib, lesquels deviendront eux-mêmes des figures influentes de la voie tijane.
Avant sa mort en 1230 H, à l'âge de quatre-vingts ans, il rassemble ses proches et ses disciples autour de lui, leur offrant des conseils et des prières. Ses funérailles rassemblent une multitude de croyants, savants et notables, qui se pressent pour lui rendre hommage. Sa sépulture à Fès devient un lieu de recueillement et de bénédictions pour les générations qui suivent, perpétuant son héritage spirituel et son influence au sein de la communauté soufie et au-delà.