Notice biographique
Sultan Moulay Abdelhafid
Le Sultan Moulay Abdelhafid Alaoui (1875-1937) fut l’un des souverains de la dynastie alaouite du Maroc, mais également un érudit, écrivain et poète reconnu.
Né à Fès en 1875, fils du sultan Moulay Hassan Ier, il reçut très tôt une éducation religieuse et scientifique approfondie. Il mémorisa le Coran dans son enfance et poursuivit ses études auprès de grands savants marocains.
Grâce à cette formation, il devint un savant distingué dans plusieurs disciplines, notamment :
le fiqh (jurisprudence islamique)
le hadith
l’exégèse coranique
la rhétorique et la littérature arabe
L’historien marocain Abdelrahman Ibn Zidan le décrivit comme « un océan de savoir dans les sciences religieuses ».
En 1901, il fut nommé représentant (khalifa) de son frère le sultan Moulay Abdelaziz à Marrakech. Dans un contexte de tensions politiques et d’ingérences étrangères, il fut proclamé sultan du Maroc en 1907.
Son règne se déroula à une période particulièrement difficile de l’histoire du pays. Sous de fortes pressions internationales et face à de nombreuses crises internes, il fut contraint de signer le traité de protectorat français en 1912. Peu après, il abdiqua en faveur de son frère Moulay Youssef et partit en exil en Europe.
En plus de sa carrière politique, Moulay Abdelhafid fut un auteur prolifique. Il écrivit de nombreux ouvrages dans des domaines variés tels que la jurisprudence, la théologie, la linguistique, la rhétorique et le soufisme.
Parmi ses œuvres les plus connues :
al-Jāmiʿ‘a al-‘Irfaniyya
Al-‘Adhb al-Salsabil fi Hall Alfaz Khalil
Yaqutat al-Hukkam
Nayl al-Najah wa al-Falah
Tuhfat al-Ikhwan
son Diwan poétique en malhoun
Il composa également de nombreux poèmes religieux, notamment dans le panégyrique du Prophète (madih nabawi).
Le sultan Moulay Abdelhafid mourut en 1937 à Paris. Son corps fut rapatrié au Maroc et enterré à Fès.
Aujourd’hui, il est considéré comme une figure importante de l’histoire marocaine, ayant laissé un héritage à la fois politique, intellectuel et littéraire.
