21/03/20267 min de lectureFR

Kamal al-Farah wa al-Surur bi-Mawlid Mazhar al-Nur : un Mawlid célébré de Sidi Ahmed Skiredj

Skiredj Library of Tijani Studies

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Qu’Allah répande bénédictions et paix sur notre maître Muhammad, sur sa famille et sur ses compagnons.

Parmi les œuvres précoces et aimées du grand savant et connaissant d’Allah, Sidi Ahmed ibn al-Hajj al-Ayyashi Skiredj al-Khazraji al-Ansari, figure un Mawlid remarquable intitulé Kamal al-Farah wa al-Surur bi-Mawlid Mazhar al-Nur. Ce livre occupe une place particulière dans l’héritage dévotionnel de la tradition tijânie et dans la culture plus vaste de la récitation du Mawlid au Maroc.

Pour les lecteurs qui recherchent des livres de Sidi Ahmed Skiredj, des textes de Mawlid tijânîs, ou des œuvres classiques sur la naissance du Prophète Muhammad, ce titre est l’un des plus importants à connaître.

Une œuvre précoce de Sidi Ahmed Skiredj

Ce Mawlid compte parmi les premiers écrits de Sidi Ahmed Skiredj. Il l’acheva en Muharram 1326 H / 1908, bien qu’il n’ait été soumis à l’impression qu’en 1333 H / 1915.

Cette datation importe. Elle montre que, dès les débuts de sa vie savante, Skiredj accordait déjà une grande attention à la littérature dévotionnelle centrée sur le Messager d’Allah, paix et bénédictions sur lui. L’œuvre n’est donc pas seulement un poème d’éloge. Elle est aussi une fenêtre sur la première formation spirituelle et littéraire de l’auteur.

L’un des textes de Mawlid les plus connus au Maroc

La source présente cette œuvre comme l’une des compositions de Mawlid les plus éminentes, que les gens ont longtemps chérie, mémorisée et récitée par cœur. Elle se tenait aux côtés d’un autre Mawlid célèbre du juriste Sidi Muhammad al-Hajjouji, intitulé Bulugh al-Qasd wa al-Maram fi Qira'at Mawlid Khayr al-Anam.

Ensemble, ces deux textes comptèrent parmi les récitations de Mawlid les plus répandues dans la vie religieuse populaire.

Cela nous dit quelque chose d’essentiel au sujet de Kamal al-Farah wa al-Surur : ce n’était pas un exercice littéraire obscur. C’était un texte dévotionnel vivant, récité dans des assemblées, chéri par les croyants, et préservé par la mémoire autant que par les manuscrits et l’imprimé.

Pourquoi le Mawlid importe dans la vie dévotionnelle tijânie

La source explique que chaque fois que revient le souvenir de la naissance du Prophète, les musulmans en général, et les tijânîs en particulier, se réjouissent d’honorer cette noble occasion. C’est un moment de joie, de gratitude et de révérence, parce qu’il est directement lié au plus noble de la création : le Prophète illettré qui fit sortir l’humanité de l’ignorance vers la connaissance et la lumière.

Dans la tradition tijânie décrite ici, le Mawlid n’était pas traité comme un simple événement formel. Il était marqué par des actes de dévotion et de générosité, notamment :

une multiplication des invocations

davantage d’adoration et de rappel (dhikr)

la distribution de douceurs et de boissons

le service du thé

la récitation de poésies d’éloge prophétique

Parmi les poèmes récités dans de tels cadres figuraient des œuvres célèbres comme la Burda et la Hamziyya, et le Mawlid de Skiredj s’inscrivait naturellement dans cette atmosphère dévotionnelle.

L’ouverture du Mawlid

Sidi Ahmed Skiredj ouvre ce Mawlid par un poème en la lettre ha, en commençant par des vers dont le sens peut être rendu comme suit :

Par la naissance du meilleur de la création, notre joie s’accomplit.Et comment ne le serait-elle pas, quand les poitrines des croyants s’ouvrent par lui ?Ô héraut des amoureux, appelle-les à son éloge,Car celui qui le loue, parmi tous les êtres, a véritablement atteint le succès.

Ces vers saisissent l’esprit de l’ensemble de l’œuvre. Il ne s’agit pas simplement d’un récit historique. C’est un texte d’amour, de révérence et de célébration, enraciné dans la conviction que louer le Prophète, paix et bénédictions sur lui, est en soi une voie vers la réussite spirituelle.

Enraciné dans le Coran et la Sunna

La source note à juste titre que Skiredj avait toute raison d’écrire de cette manière, car le Coran et les enseignements authentiques de l’islam établissent la grandeur du caractère du Prophète et l’obligation de l’aimer et de le suivre.

Parmi les fondements scripturaires cités figurent :

« Et certes, tu es d’un caractère immense. »

« Dis : Si vous aimez Allah, alors suivez-moi ; Allah vous aimera et vous pardonnera. »

Le hadith bien connu : « Nul d’entre vous ne croit véritablement tant que je ne suis pas plus aimé de lui que son enfant, son père et tous les gens. »

Ce cadre est essentiel pour comprendre le Mawlid. Pour Skiredj, se réjouir de la naissance du Prophète n’est pas un sentiment creux. C’est une réponse dévotionnelle enracinée dans la Révélation, l’amour et l’attachement fidèle au Messager d’Allah.

Un Mawlid majeur dans la grande zawiya tijânie de Fès

La source souligne que Kamal al-Farah wa al-Surur devint l’un des textes de Mawlid les plus connus et les plus célébrés, toutes considérations confondues.Il était souvent récité dans la Grande Zāwiya tijānī de Fès, ainsi que dans les zāwiyas tijānī à travers les villes du nord du Maroc, notamment Tétouan et Tanger.

Cette diffusion géographique est significative. Elle montre l’ampleur de la portée du texte et son accueil parmi les dévots. Il n’était pas cantonné à un cercle étroit de savants. Il est devenu une composante de la vie religieuse collective.

Plus frappante encore est la mention selon laquelle certains frères de ces régions continuaient à le mémoriser intégralement et à le réciter de mémoire. Cette présence orale durable est l’un des signes les plus manifestes de l’influence spirituelle d’un texte.

Une œuvre de joie, de louange et de mémoire sacrée

Le titre lui-même est révélateur : Kamal al-Farah wa al-Surur signifie « La Perfection de la joie et du bonheur », tandis que Mawlid Mazhar al-Nur renvoie à la naissance de celui par qui la lumière divine s’est manifestée à la création.

Cela rend le dessein du livre évident. C’est une œuvre destinée à éveiller :

la joie dans le Prophète

l’amour pour sa personne

la gratitude pour sa mission

le désir d’être proche de lui

la révérence pour son rang

Sa fonction dévotionnelle est inséparable de sa beauté littéraire.

Pourquoi ce livre compte encore

Aujourd’hui, ce Mawlid demeure important pour plusieurs raisons.

D’abord, il conserve une expression majeure de l’amour tijānī pour le Prophète Muhammad.

Ensuite, il reflète le génie littéraire et spirituel de Sîdî Ahmed Skiredj, l’un des plus grands savants de l’héritage tijānī.

Troisièmement, il appartient à la tradition vivante de la récitation dévotionnelle marocaine et du rappel public.

Quatrièmement, il rappelle aux lecteurs que le Mawlid, dans cette tradition, ne se réduit pas à la cérémonie. Il est lié à la prière, à l’invocation, à la louange, à la générosité et à la joie communautaire.

Enfin, il offre un texte précieux à quiconque recherche la louange prophétique en Afrique du Nord, la littérature dévotionnelle tijānī, ou les compositions classiques du Mawlid en arabe.

Un texte qui mérite d’être lu et préservé

La source conclut en indiquant que ce Mawlid a été édité, imprimé et publié afin que les gens puissent continuer d’en bénéficier, dans l’espoir de recevoir une prière sincère d’un croyant vertueux.

Cet esprit de conclusion convient. Kamal al-Farah wa al-Surur bi-Mawlid Mazhar al-Nur est plus qu’un ancien texte. C’est un héritage dévotionnel — un héritage qui porte la joie, la révérence et le souvenir du Prophète à chaque génération qui le lit.

Pour quiconque s’intéresse à l’héritage de Sîdî Ahmed Skiredj, à la culture dévotionnelle de la Tijâniyya, ou à la littérature durable de la naissance du Prophète, ce livre est un point de départ noble et lumineux.

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