21/03/202626 min de lectureFR

Perles de sagesse des savants tijanis (1)

Skiredj Library of Tijani Studies

Enseignements intemporels sur le dhikr, l’adab, la prière, la discipline spirituelle et la dévotion quotidienne dans la tradition tijanie

L’héritage savant tijani préserve non seulement de grands livres et des textes doctrinaux, mais aussi d’innombrables aperçus spirituels concis : de brefs enseignements, des prières, des conseils pratiques et de lumineux rappels, transmis par des maîtres tels que Sidi Ahmad Skiredj, Sidi al-’Arabi ibn al-Sa’ih, Sidi Muhammad al-Hajjouji, et d’autres.

Cette première collection de Perles de sagesse des savants tijanis réunit une série de traductions anglaises fidèles fondées sur des passages arabes traditionnels. Le but n’est pas de les paraphraser librement, mais d’en préserver aussi étroitement que possible la tonalité spirituelle, la sagesse pratique et la force dévotionnelle.

Ces perles s’articulent autour de thèmes fondamentaux de la voie tijanie : La ilaha illa Allah, la servitude, la douceur de l’obéissance, la prière sur le Prophète, l’adab dans le dhikr, la protection contre la tromperie, les invocations quotidiennes, et le rappel d’Allah en tout état.

La ilaha illa Allah

Les savants affirment que la formule bénie La ilaha illa Allah comporte douze lettres, toutes lumineuses. Quiconque se souvient d’Allah par elle trouvera son cœur rempli de lumière, de sagesse et de guidance.

Ibn ’Arabi explique que cette noble formule se compose de quatre parties : la négation, le nié, l’affirmation et l’affirmé. Il relie ensuite ces significations quaternaires à la structure même de la création. Les quatre principes divins sont la racine de l’existence du monde ; les quatre qualités naturelles sont la racine des corps ; les quatre éléments sont la racine des êtres engendrés ; les quatre humeurs sont la racine de la vie animale ; et les quatre réalités sont la racine de l’existence humaine.

Il les énumère comme suit :

les quatre principes divins : la vie, la science, la volonté et la parole, laquelle est aussi puissance selon la raison comme selon la Loi sacrée ;

les quatre qualités naturelles : la chaleur, le froid, la sécheresse et l’humidité ;

les quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre ;

les quatre humeurs : les deux biles, le sang et le flegme ;

les quatre réalités humaines : le corps, la nutrition, la sensation et la parole.

Ainsi, lorsqu’un serviteur prononce La ilaha illa Allah avec conscience de cet ordre quaternaire, sa langue devient la langue du cosmos, et un lieutenant du Réel dans l’énonciation. Alors le monde se souvient d’Allah par son souvenir, et le Réel Se souvient par son dhikr.

Le sens de la servitude

Un des shaykhs dit un jour à un disciple qui lui avait manqué de bonnes manières : « Malheur à toi, ne crains-tu pas que je ne te dépouille ? » Le disciple répondit : « Tu n’as aucun pouvoir de me dépouiller de ma servitude, car la servitude est un attribut essentiel de la créature. »

À ces mots, le shaykh s’évanouit.

Sidi Ahmad Skiredj dit que cela lui remit à l’esprit le verset divin : « Nul n’est dans les cieux et sur la terre qui ne vienne vers le Tout-Miséricordieux en serviteur. » De là, il lui fut ouvert une compréhension de la servitude : à savoir que sa source est le Nom divin al-Rahman. Quiconque recherche la servitude véritable doit la rechercher auprès de ce noble Nom.

Il explique que le Nom al-Rahman est la source d’où la création est venue à l’existence, conformément au sens divin : « Ma miséricorde a précédé Ma colère. » Il est la fontaine de la servitude. Voilà pourquoi les créatures furent commandées de se prosterner devant le Tout-Miséricordieux, pourtant

beaucoup n’ont pas saisi le secret de cet ordre, comme l’indique le verset : « Et lorsqu’on leur dit : “Prosternez-vous devant le Tout-Miséricordieux”... »

Quiconque réalise véritablement cette servitude se tient alors au-dessus du trône du cosmos conformément au sens du verset : « Le Tout-Miséricordieux S’est établi sur le Trône. »

Il est également rapporté que lorsque le Prophète, paix et bénédictions sur lui, atteignit les plus hautes stations lors du Voyage nocturne, Allah lui révéla : « Ô Muhammad, par quoi t’ai-Je honoré ? » Il répondit : « Mon Seigneur, en me rattachant à Toi par la servitude. » Alors Allah révéla : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son serviteur... » Ceci compte parmi les plus grandes stations de faveur divine.

La douceur de l’obéissance

Sidi Ahmad Skiredj dit qu’il ne pense pas qu’aucun des amis d’Allah supporte la peine dans l’obéissance à Allah sans y trouver de la douceur. Comment un connaissant d’Allah pourrait-il accomplir des actes d’adoration, ou s’abstenir de ce qu’Allah a interdit, sans goûter de délice à se conformer à l’ordre de son Maître ?

Il explique encore qu’une personne peut lutter pour se lever pour la prière de l’aube et en supporter la difficulté, et elle sera certes récompensée pour avoir enduré cette peine. Mais une autre peut se lever avec empressement et joie pour la même prière, et elle aussi est récompensée. Skiredj considère que ce second état est plus grand, car il y a une immense différence entre celui qui obéit avec une âme consentante et celui qui obéit tout en étant accablé de lourdeur.

Allah dit : « En vérité, c’est difficile sauf pour les humbles. »

Il donne l’exemple d’une personne affamée à qui l’on a servi le repas du soir alors que l’heure de la prière est entrée. La Loi sacrée autorise une telle personne à manger d’abord afin qu’elle ne se tienne pas devant Allah tandis que son âme est chargée et distraite. Le principe est clair : l’obéissance ne doit pas être abordée avec ressentiment et rudesse intérieure.

Il met aussi en garde contre une maladie spirituelle subtile chez certains disciples : ils peuvent négliger la perfection de la prière obligatoire parce qu’ils sont avides de la terminer rapidement pour passer à une litanie ou à un acte dévotionnel surérogatoire qu’ils se sont imposé. Puis, lorsqu’ils accomplissent cette dévotion supplémentaire, ils sont distraits par des pensées concernant encore un autre acte facultatif. De cette manière, ils deviennent lourds envers l’acte obligatoire, puis lourds envers l’acte qu’ils se sont imposé, tout en poursuivant ce qui n’est pas requis. Cela, dit-il, est le signe de quelqu’un qui n’a pas fréquenté les gens d’Allah et à qui, par conséquent, on n’a pas dévoilé les défauts cachés de sa propre âme.

Pour l’acceptation de la prière sur le Prophète

Parmi les enseignements transmis dans la tradition savante tijanie figure le fait que l’ange chargé de rassembler les prières sur le Prophète, paix et bénédictions sur lui, se nomme Salsayil. Si la prière est acceptée, il la transmet au Prophète et mentionne le nom de celui qui

l’a envoyée.S’il n’est pas accepté, il le transmet sans en nommer l’expéditeur, disant seulement : « Ceci est une prière envoyée sur toi à telle et telle heure. »

Les savants mentionnent des conditions d’acceptation :

qu’elle soit récitée en état de pureté rituelle ;

dans un lieu pur ;

sans l’interrompre par une parole étrangère ;

et non dans un état d’absence totale du cœur.

Ils expliquent aussi que, pour être compté parmi ceux qui multiplient les prières sur le Prophète, la prière doit procéder de l’obéissance à l’ordre d’Allah, de la révérence envers le Prophète, de l’amour pour lui, de la conscience de certaines de ses nobles qualités, et d’une image intérieure de sa présence bénie comme si l’on se tenait devant lui. Alors on prononce des bénédictions sur lui avec présence, humilité et adab. Si, ne fût-ce qu’une fois par jour, cela est accompli de la manière la plus complète, la personne est comptée parmi ceux qui envoient sur lui d’abondantes bénédictions.

Il est également rapporté de Sidi al-Damrawi que quiconque prie sur le Prophète dix fois à chacun des cinq temps de prière, et y ajoute encore dix au milieu de la nuit de façon continue, se voit accorder la sécurité contre le courroux d’Allah et devient en droit de bénéficier de l’intercession.

Les qualités des vrais juristes

Les vrais juristes sont ceux qui possèdent une pénétration dans leur religion. Ils regardent vers la vérité sans diminuer autrui. Ils savent et reconnaissent que le mujtahid qui a raison reçoit deux récompenses, tandis que le mujtahid qui se trompe reçoit la récompense de son effort selon son intention et son but sincère, pourvu qu’il n’y ait ni torsion des langues ni attaque contre la religion.

Cette définition fixe une haute exigence : la vraie science n’est ni arrogance, ni raillerie, ni rancœur sectaire, mais justice, équilibre et sincérité.

Paroles à réciter pendant et après la prière

Il est rapporté de Sidi al-‘Arabi ibn al-Sa’ih que notre Maître, c’est-à-dire le Sīdī Aḥmad al-Tijānī, avait coutume de réciter dans la première prosternation des cinq prières quotidiennes : Subhan Allah wa al-hamdu li-Allah, et dans la seconde prosternation : Salat al-Fatih لما أغلق.

Un bénéfice connexe est mentionné dans les carnets de Sidi Muhammad Skiredj : quiconque récite après la prière de l’aube, Subhan Allah wa bi-hamdihi, Subhan Allah al-‘Azim, et persévère en cela pendant au moins quarante jours consécutifs, le monde viendra à lui, humilié et malgré lui.

Observer l’adab pendant le dhikr

Sīdī Aḥmad al-Tijānī insistait fortement sur le bon adab dans le dhikr. Il interdisait la psalmodie mélodique, l’intonation excessive, le fait d’étirer la voix, l’écoute musicale, le balancement, l’étalage d’extase, et les débordements incontrôlés. Au lieu de cela, il exigeait humilité, brisure devant Allah, et soumission.

Si des gens se souvenaient d’Allah dans une maison, leurs voix ne devaient pas être entendues à l’entrée. Leur son devait être bas, comme le bourdonnement des abeilles, par révérence pour les maisons d’Allah, où les voix ne doivent pas être élevées, à plus forte raison les cris et les vociférations.

Les savants citent le verset : « Certes, ceux qui abaissent leurs voix en présence du Messager d’Allah… » et expliquent que le Prophète, les califes bien guidés et les grands modèles peuvent être spirituellement présents à la haylala du vendredi lorsqu’elle est exempte d’innovation, de tentation, de frivolité et de jeu. Sinon, ils ne sont pas présents.

Le Prophète a aussi dit : « Écartez vos enfants de vos mosquées, et écartez-en vos voix élevées, les disputes, l’achat et la vente. » Et il a dit : « La parole dans la mosquée, en dehors du rappel d’Allah, consume les bonnes actions comme le feu consume le bois sec. »

Reconnaître les charlatans et les menteurs

Parmi les signes des fraudeurs et imposteurs spirituels, il y a ce qui suit : si tu vois quelqu’un accorder une grande importance à des récits rares et étranges de miracles, à des litanies supplémentaires, à des secrets au son étranger et à des imaginations suspectes, tout en ne cessant de louer ces bizarreries au lieu de louer le wird requis et les formes nécessaires de rappel, alors sache sans hésitation qu’il est égaré et qu’il égare les autres.

Les savants tijanis sont ici explicites : l’authenticité spirituelle ne se mesure pas à des prétentions sensationnelles, mais à la fidélité aux obligations et aux awrad établis.

Ce qui peut être dit en Sha‘ban

Un bénéfice consigné dans les notes des savants indique qu’il est écrit dans la Torah que quiconque dit au mois de Sha‘ban :

La ilaha illa Allah wa la na'budu illa iyyahu mukhlisina lahu al-din wa law kariha al-kafirun

Allah lui inscrit la récompense de mille ans d’adoration, efface de lui les péchés de mille ans, et le ressuscite de sa tombe avec un visage semblable à la pleine lune. Allah sait mieux.

Une protection contre la médisance

Le Prophète, paix et bénédictions sur lui, a dit : si tu t’assieds dans une assemblée, dis :

Bismillah al-Rahman al-Rahim, wa salla Allah 'ala Sayyidina Muhammad

Alors Allah te prépose un ange qui t’empêche de médire d’autrui. Et lorsque tu te lèves de cette assemblée, dis la même formule, et les gens ne médiront pas de toi, car l’ange les en empêche.

C’est une belle perle d’adab et de protection : commencer et clore les assemblées sociales par le Nom d’Allah et des bénédictions sur Son Messager.

Pour celui qui aspire à voir le Prophète en rêve

Les savants préservent plusieurs dévotions transmises pour celui qui désire sincèrement voir le Prophète, paix et bénédictions sur lui, en rêve.

Parmi elles :

se laver la nuit de الجمعة, prier deux rak‘ahs, et y réciter Qul huwa Allahu ahad mille fois ;

ou prier deux rak‘ahs dans lesquelles on récite al-Fatiha une fois, Ayat al-Kursi une fois, et Qul huwa Allahu ahad quinze fois dans chaque rak‘ah, puis après la prière envoyer des bénédictions sur le Prophète mille fois ;

ou dire soixante-dix fois :Allahumma salli 'ala ruhi Muhammad fi al-arwah, Allahumma salli 'ala jasadi Muhammad fi al-ajsad, Allahumma salli 'ala qabri Muhammad fi al-qubur.

Une autre pratique transmise consiste à prier deux rak‘ahs, en récitant al-Fatiha une fois et Qul huwa Allahu ahad cent fois dans chaque rak‘ah, puis après la prière dire trois fois :

Ya Muhsin, Ya Mujmil, Ya Mun'im, Ya Mutafaddil, arini wajha Nabiyyika صلى الله عليه وسلم

Une autre invocation, plus longue, est également rapportée dans le même but.

Sidi Ahmad Skiredj a aussi noté que son père l’informa que quiconque envoie la prière suivante sur le Prophète sept cents fois peut le voir cette nuit-là même. Lui-même la mit en pratique, et tandis qu’il la récitait, le sommeil le prit et il vit le Prophète :

Allahumma salli 'ala Sayyidina Muhammad salatan tunajjina biha min jami' al-ahwal wa al-afat, wa taqdi lana biha jami' al-hajat, wa تطهرنا بها من جميع السيئات، وترفعنا بها أعلى الدرجات، وتبلغنا بها أقصى الغايات، من جميع الخيرات في الحياة وبعد الممات.

L’un des moyens les plus puissants pour le voirLes savants enseignent aussi que, parmi les moyens les plus puissants de voir le Prophète, paix et bénédictions sur lui, figure le fait de se le représenter avec vivacité tout en écoutant ses hadiths, ses prescriptions et ses interdictions.

Le gnostique peut se le figurer :

à Badr, tandis que les croyants cherchent refuge auprès de lui et que les anges descendent pour le soutenir ;

au jour de فتح, entouré des Ansar, parmi lesquels on ne distingue que les lueurs du fer ;

entrant à Médine lors de la Hijrah, tandis que jeunes filles et enfants chantent : « La pleine lune s’est levée sur nous... » ;

sous l’Arbre de Ridwan, tandis que les Compagnons lui prêtent serment jusqu’à la mort ;

prosterné près du Trône jusqu’à ce qu’il lui soit dit : « Relève la tête, demande et tu seras exaucé, intercède et ton intercession sera acceptée » ;

ou frappant à la porte du Paradis, tandis que les croyants le suivent derrière lui.

Les savants disent que les gens diffèrent quant à la profondeur avec laquelle l’image du Prophète s’imprime dans leurs cœurs. Certains ne la saisissent qu’au prix d’efforts et de réflexion. D’autres le voient dès qu’ils se souviennent de lui avec intensité, surtout dans la retraite. D’autres le voient souvent chaque fois que le sommeil les gagne. Et certains, gens des plus hauts degrés, le contemplent avec l’œil de la clairvoyance, à l’état de veille comme dans le sommeil. Plus haut encore sont ceux qui le voient de l’œil physique, dans le monde sensible. Qu’Allah nous compte parmi eux.

Le « Voyageur qui ne cesse de voyager »

Un homme demanda un jour au Messager d’Allah quelles œuvres étaient les meilleures. Il répondit : « Tu dois t’en tenir à l’état du voyageur qui ne cesse de voyager. » Interrogé sur le sens de ces paroles, il expliqua : le compagnon du Coran qui commence à son début jusqu’à en atteindre la fin, puis recommence au commencement ; chaque fois qu’il parvient, il repart de nouveau.

C’est là une perle au sujet de la constance : la vie spirituelle n’est pas un bref élan d’enthousiasme, mais un retour perpétuel.

Que dire en enfilant un vêtement

Un hadith rapporte que quiconque enfile un vêtement et dit :

Al-hamdu li-Allah alladhi كساني هذا ورزقنيه من غير حول مني ولا قوة

« Toute louange appartient à Allah, qui m’a vêtu de ceci et me l’a accordé sans aucune puissance ni force de ma part, »

verra ses péchés passés pardonnés, et dans certaines versions, même ceux qui viennent ensuite.

Que dire avant de dormir

Lorsque le Prophète, paix et bénédictions sur lui, voulait dormir, il plaçait sa main droite sous sa joue droite et disait :

Bismika Rabbi wada'tu جنبي وبك أرفعه، اللهم إن أمسكت روحي فاغفر لها، وإن أرسلتها فاحفظها بما تحفظ به عبادك الصالحين

« En Ton Nom, mon Seigneur, je pose mon flanc, et par Toi je le relève. Ô Allah, si Tu retiens mon âme, pardonne-lui, et si Tu la renvoies, alors préserve-la comme Tu préserves Tes serviteurs vertueux. »

L’importance de joindre la Basmala à al-Fatiha

Une remarquable transmission, conservée par les savants, affirme que quiconque récite Bismillah al-Rahman al-Rahim jointe directement à al-Fatiha en un seul souffle, Allah dit : par Ma Puissance, Ma Majesté, Ma Générosité et Ma Faveur, témoignez contre Moi que Je lui ai pardonné, que J’ai accepté ses bonnes œuvres, que J’ai passé outre ses péchés, que Je ne brûlerai pas sa langue dans le Feu, et que Je le protégerai du châtiment de la tombe, du châtiment de l’Enfer, du châtiment du Jour de la Résurrection, et de la plus grande terreur.

Quel que soit le statut exact d’une telle narration, les savants l’ont préservée afin de souligner la révérence due à la Basmala et à l’Ouverture du Livre.

Que réciter le jour de 'Arafah

Une invocation bénie est transmise pour le Jour de 'Arafah, à lire cent fois :

Bismillah ma شاء الله لا قوة إلا بالله.Bismillah ma شاء الله لا يسوق الخير إلا الله.Bismillah ma شاء الله لا يكشف السوء إلا الله.Bismillah ma شاء الله كل نعمة من الله.Ma شاء الله الخير كله بيد الله.Ma شاء الله لا يصرف السوء إلا الله.

C’est une manière simple et puissante d’affirmer la dépendance totale envers Allah.

Lieux et moments pour envoyer des bénédictions sur le Prophète

Les savants mentionnent plusieurs moments où l’envoi des bénédictions sur le Prophète revêt un mérite particulier.

Parmi eux figure le samedi, sur la base d’une narration qui dit : « Multipliez vos bénédictions sur moi le samedi, car les Juifs y multiplient leurs transactions ; quiconque envoie des bénédictions sur moi cent fois ce jour-là s’est affranchi du Feu et s’est rendu digne de l’intercession. »

Ils mentionnent aussi le moment de l’éternuement. Une narration rapporte que quiconque éternue et dit :

Al-hamdu li-Allah Rabb al-'alamin 'ala kulli hal, wa salla Allah 'ala Sayyidina Muhammad wa ahli baytih

Allah crée, de sa narine gauche, un oiseau plus grand qu’une mouche et plus petit qu’une sauterelle, qui voltige sous le Trône en disant : « Ô Allah, pardonne à celui qui l’a dite. »

Pour obtenir le bonheur éternel

Parmi les concises invocations prophétiques conservées par les savants figure celle-ci :

Allahumma aghnini bi-l-'ilm, wa zayyinni bi-l-hilm, wa akrimni bi-l-taqwa, wa jammilni bi-l-'afiya

« Ô Allah, enrichis-moi par la science, pare-moi de longanimité, honore-moi par la conscience de Dieu, et embellis-moi par le bien-être. »

Les savants disent que quiconque persévère dans cette invocation atteindra ce qu’il espère, par la grâce d’Allah.

Que dire le jour de 'Ashura

Parmi les bienfaits transmis, il est rapporté que quiconque récite sept fois, le jour de 'Ashura :

Subhan Allah ملء الميزان ومنتهى العلم ومبلغ الرضا وعدد النعم وزنة العرش، لا ملجأ ولا منجى من الله إلا إليه، سبحان الله عدد الشفع والوتر وعدد كلمات الله التامة كلها، أسألك السلامة كلها برحمتك يا أرحم الراحمين، ولا حول ولا قوة إلا بالله العلي العظيم، وهو حسبي ونعم الوكيل، نعم المولى ونعم النصير، وصلى الله على سيدنا محمد كلما ذكره الذاكرون وغفل عن ذكره الغافلون

ne mourra pas durant l’année où il l’a récitée ; et si son terme décrété est proche, Allah ne lui accordera pas la réussite de la réciter.

Les mêmes notes savantes conservent aussi les hadiths célèbres :

« Quiconque se montre généreux envers sa famille le jour de 'Ashura, Allah se montrera généreux envers lui tout au long du reste de l’année. »

« Jeûner le jour de 'Ashura : j’espère d’Allah qu’il expiera l’année qui l’a précédé. »Le sens de la Prière abrahamique

Le gnostique Abû Muhammad al-Marjânî expliqua pourquoi le Prophète enseigna aux croyants de dire dans la prière abrahamique : « comme Tu as envoyé des prières sur Ibrâhîm », plutôt que : « comme Tu as envoyé des prières sur Mûsâ ».

Il dit que Mûsâ fit l’expérience de la manifestation divine de majesté, et qu’il en tomba évanoui, tandis qu’Ibrâhîm fit l’expérience de la manifestation de beauté, car l’amour et l’amitié intime comptent parmi les آثار de la manifestation de beauté. Ainsi, les croyants furent instruits de demander que des bénédictions soient envoyées sur le Prophète selon le mode du جمال accordé à Ibrâhîm.

Cela n’implique pas une égalité de rang entre les deux prophètes. Il s’agit plutôt d’une participation au type de manifestation, chacun la recevant selon sa station propre et singulière auprès d’Allah. Le Prophète demeure le plus élevé en rang, même si la prière invoque le mode abrahamique de la beauté divine.

Le sein négligé

Muhyî al-Dîn Ibn ‘Arabî rapporta dans les Futûhât qu’il avait un jour accompli le Hajj et la ‘Umra, lui et ses compagnons, au nom de notre père Adam et de notre mère Hawwâ’. Il vit de nombreux anges recevoir avec joie la récompense de cet acte et dit : « C’est un sein négligé. »

Cette brève formule est pleine de tendresse : elle rappelle aux croyants non seulement de se souvenir des justes et des saints, mais encore des premiers parents de l’humanité.

Divers bienfaits

Les savants rapportent que le Shaykh Ahmad al-Tijânî encourageait ses compagnons à accomplir deux rak‘ahs après le Maghrib avant de parler.

Dans la première rak‘ah, on récite al-Fâtiha, puis depuis le début de la Sourate al-Baqara jusqu’à « …ils sont les réformateurs », puis « Et votre Dieu est un Dieu unique… » jusqu’à « …un peuple qui comprend », puis Qul huwa Allahu ahad quinze fois.

Dans la seconde rak‘ah, on récite al-Fâtiha, puis Ayat al-Kursî jusqu’à « …ils y demeureront éternellement », puis « Le Messager croit… » jusqu’à la fin de la sourate, puis Qul huwa Allahu ahad quinze fois.

La récompense transmise attachée à cette prière est immense, avec des descriptions de cités, de palais, de maisons, de chambres, de pavillons, et de bienfaits dans le Jardin, dont seule Allah connaît la véritable mesure.

Pour l’accomplissement des besoins

Le wali vertueux Sîdî Ahmad ibn Muhammad ibn Nâsir al-Dar‘î mentionna que quiconque s’apprête à présenter un besoin et souhaite qu’il soit exaucé doit écrire Muhammad sur l’auriculaire de la main droite et Dahṭa sur le pouce, puis se rendre à ce besoin, et il sera exaucé par la puissance et la force d’Allah.

Un autre enseignement conservé dans la même tradition dit : si l’on récite al-Fâtiha et que l’on sait qu’elle est les Sept Versets Répétés et le Grand Coran, alors qu’on forme l’intention de son besoin au début de la Fâtiha, car une seule Fâtiha suffit aux gens des cieux et de la terre.

Une rançon contre le Feu

Parmi les bienfaits transmis figure la parole :

Quiconque dit La ilaha illa Allah soixante-dix mille fois en a fait sa rançon.

Les savants mentionnent aussi que quiconque récite la Basmala huit cents fois, tout en croyant à la Seigneurie d’Allah, sera racheté du Feu et admis dans le Jardin de la permanence.

Que dire en voyant un convoi funèbre ou en entrant dans un cimetière

Un bienfait rapporte : quiconque voit un convoi funèbre et dit trois fois :

Hatha ma wa'adana Allah wa Rasuluh, wa sadaqa Allah wa Rasuluh, Allahumma zidna imanan wa taslima

« Voilà ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis, et Allah et Son Messager ont dit vrai. Ô Allah, accrois en nous la foi et la soumission, »

Allah lui inscrit dix bonnes actions jusqu’au Jour de la Résurrection.

Un autre récit dit que quiconque entre dans le cimetière et dit :

Allahumma Rabb hadhihi al-ajsad al-baliya wa al-'izam al-nakhira التي خرجت من الدنيا وهي بك مؤمنة، أدخل عليها روحا منك وسلاما مني

recevra une récompense selon le nombre de croyants décédés depuis qu’Allah a créé Adam.

Les savants notent aussi que de nombreux membres de la famille Skiredj souhaitèrent être enterrés près de maîtres tijânîs vertueux, tels Sîdî al-Tayyib al-Sufyânî et Sîdî Ahmad al-‘Abdalâwî, recherchant la bénédiction de la proximité des pieux même après la mort.

Pour celui qui voit en rêve quelque chose d’effrayant

Quiconque voit en rêve quelque chose qui lui déplaît et qui l’effraie doit cracher légèrement à sa gauche trois fois et dire :

A'udhu bi kalimat Allah al-tammati min kulli shaytan wa hammah wa min kulli 'ayn lammah

Alors Allah le protégera de ce qui l’effraie.

Une autre invocation prophétique est :

A'udhu bi kalimat Allah al-tammati min ghadabihi wa 'iqabihi wa sharri 'ibadihi wa min sharri hamazat al-shayatin wa an yahdurun

‘Abd Allah ibn ‘Umar avait coutume de l’enseigner à ceux de ses dépendants qui avaient atteint la maturité, et de l’écrire pour ceux qui ne l’avaient pas encore atteinte.

L’immense mérite de la Sourate al-Ikhlâs

Sîdî Ahmad Skiredj consigna un récit au sujet du Compagnon Mu‘âwiya ibn Mu‘âwiya al-Muzanî, qui mourut du vivant du Prophète. Jibrîl vint au Prophète et dit : « Ô Muhammad, Mu‘âwiya al-Muzanî est mort. Souhaiterais-tu prier sur lui ? » Le Prophète répondit oui. Alors Jibrîl frappa la terre de ses ailes jusqu’à ce qu’il ne restât ni arbre ni colline qui ne s’abaissât, et la civière fut élevée pour le Prophète jusqu’à ce qu’il la vît et priât sur lui. Derrière lui se tenaient deux rangs d’anges, chaque rang contenant soixante-dix mille anges.

Le Prophète demanda : « Ô Jibrîl, par quoi a-t-il atteint ce rang auprès d’Allah ? » Il répondit : « Par son amour de Qul huwa Allahu ahad et par le fait de la réciter en allant et venant, debout et assis, et en tout état. »

Ceci compte parmi les plus beaux témoignages de la grandeur de la Sourate al-Ikhlâs.

Pour la protectionParmi les invocations autorisées par les maîtres, il y a :

Allahumma sakin ṣadmat qahraman al-jabarut bi-altafika al-khafiyya al-warida min bab al-malakut, hatta natashabbath bi-adhyal lutfik wa na'tasim bika min inzal qudratik, ya dha al-qudra al-kamila wa al-rahma al-shamila, ya dha al-jalal wa al-ikram.

Une autre invocation importante pour les temps d’épidémie et d’épreuve est :

Allahumma a'simni min jahd al-bala', wa dark al-shaqa', wa su' al-qada', wa mawt al-fuja'a...

Les savants préservent aussi une protection du matin et du soir composée de :

A'udhu بالله السميع العليم من الشيطان الرجيم sept fois,

des versets de la sourate al-Tawbah,

et Hasbiya Allah la ilaha illa Huwa, 'alayhi tawakkaltu wa Huwa Rabb al-'Arsh al-'Azim sept fois.

Il est dit que cela profite même au pécheur.

Un récit rapporté d’Anas affirme également : quiconque cherche refuge dix fois par jour, Allah lui assigne un ange pour repousser Satan loin de lui.

Pour celui qui veut voir en rêve ce qui le concerne

Un bénéfice conservé dans les carnets dit : quiconque souhaite voir en rêve une chose qui le concerne doit se remémorer ces Noms divins sur son lit jusqu’à ce que le sommeil le saisisse :

al-'Alim, al-Halim, al-Badi', al-Nur, al-Qabid, al-Basit, al-Awwal, al-Akhir, al-Zahir, al-Batin

La grandeur de la sourate Ya-Sin

Sidi Ahmad Skiredj rapporte que son shaykh leur parla d’un homme qui avait entendu dire que la récitation de Ya-Sin protège celui qui la récite de tout mal, en particulier des voleurs. Il s’y tint donc fidèlement. Un jour, des brigands l’attaquèrent, lui et un groupe avec lui, et leur prirent tous leurs biens. Il continua de réciter sans se soucier de rien. Puis ils vinrent à lui et le dépouillèrent aussi de ses propres affaires, et pourtant il continuait de réciter. Finalement, ils l’allongèrent pour l’égorger. À ce moment-là, il poussa un soupir et s’écria : « La ilaha illa Allah, qu’est-ce donc que cela, ô Ya-Sin ? »

Quand le brigand qui voulait le tuer entendit les mots « ô Ya-Sin », il recula et dit : « Cet homme me connaît », car il s’appelait Yasin. Ils lui rendirent donc ses biens ainsi que ceux de ses compagnons.

Skiredj commente que cela fait partie des propriétés particulières de cette sourate.

Pour faciliter l’interrogatoire de la tombe et éviter son châtiment

Les savants mentionnent une invocation qui, si elle est écrite d’une manière particulière, facilite l’interrogatoire des deux anges et protège du châtiment de la tombe :

Ya Karim al-'afw, ya dha al-'adl alladhi mala'a 'adluhu kulla shay'

Ils mentionnent aussi des détails juridiques concernant l’écriture de versets coraniques ou d’invocations prophétiques sur un linceul ou dans une amulette enterrée avec le défunt. Une très grande précaution est requise, par respect des Noms divins et du texte coranique, et certaines méthodes sont réprouvées à moins qu’elles ne préservent cette sacralité.

Réflexion de clôture

Ces perles montrent l’ampleur de la tradition savante tijanie. Elle ne se limite pas à une doctrine abstraite ni à un enseignement formel. Elle embrasse :

le rappel et la lumière intérieure,

la servitude et l’humilité,

la douceur dans l’obéissance,

l’adab dans le dhikr,

l’amour du Prophète,

des invocations pratiques pour la vie quotidienne,

la protection dans les temps de peur,

et la révérence envers la mort, les tombes et l’au-delà.

C’est précisément ce qui rend l’héritage des savants tijanis si riche : ils enseignèrent à la fois les sommets de la réalisation spirituelle et les prières, formules et manières concrètes qui façonnent la journée ordinaire du croyant.

Dans la prochaine livraison, d’autres perles suivront, issues de cet immense héritage, chacune préservant un fragment petit mais puissant de la sagesse des maîtres tijanis.

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