Notice biographique
Sidi Muḥammad Larbi Ben Sayeh (1814–1892), de son nom complet Sidi Muḥammad Al-Arabi Ben Muḥammad Ben Sayeh Ach-Charkaoui Al-Omari, est l’une des grandes figures savantes et spirituelles du Maroc au XIXe siècle. Juriste, traditionniste, exégète, lettré et soufi, il compte parmi les personnalités majeures de la voie Ahmadiyya Tijāniyya au Maroc.
Naissance et origine
Il naît à Meknès à l’aube du jour de l’Aïd al-Adha, en 1229 H / 22 novembre 1814. Son père, Sidi Muḥammad Ben Sayeh, était âgé de soixante-seize ans au moment de sa naissance, et il mourut à l’âge de quatre-vingt-seize ans, laissant son fils encore jeune. Sidi Muḥammad Larbi était son unique fils.
Les récits biographiques rapportent que son père invoquait souvent Dieu afin d’obtenir un héritier mâle qui perpétuerait son savoir et sa vertu. Sa naissance fut ainsi perçue comme une bénédiction particulière.
Formation
Il reçut son enseignement auprès de plusieurs grands savants du Maroc de son époque, parmi lesquels :
Al-Walid Al-Iraqi Al-Husayni
Abdelkader Al-Kouhen
Al-Hadi Ben Ach-Chafii Al-Meknassi, connu sous le nom de Baddou
ainsi que d’autres érudits renommés
Il se distingua dans les sciences du fiqh, du hadith, du tafsir et de la littérature, tout en occupant une place éminente dans la spiritualité soufie.
Œuvres
Sidi Muḥammad Larbi Ben Sayeh a laissé plusieurs ouvrages importants dans les domaines du commentaire, de l’exégèse, des invocations et de la spiritualité. Parmi ses œuvres les plus connues :
Bughyat al-Mustafid li Sharh Munyat al-Murid
Sharh Lamiyyat al-Busiri
Sharh Salat al-Fatih Lima Ughliqa
Ta‘liq ‘ala al-Hamziyya
Ta‘liq ‘ala Burdat al-Madih lil-Busiri
Sharh al-Qasida al-Khazrajiyya
Ta‘liq ‘ala ash-Shama’il at-Tirmidhiyya
Turar ‘ala Sharh an-Nawawi ‘ala al-Arba‘in an-Nawawiyya
Tafsir de “Wa ma kana Allahu li yu‘adhibahum wa anta fihim”
Kitab as-Sa‘ada al-Abadiyya fi al-Adhkar at-Tijāniyya al-Ahmadiyya
Rihla ‘ajiba
ainsi que plusieurs lectures intégrales du Sahih al-Bukhari
Lien avec la Tijāniyya
Il fut l’un des grands représentants de la Tijāniyya au Maroc. Son entrée dans cette voie est associée à une expérience spirituelle marquante. Très attaché à la prière sur le Prophète, dans l’espoir de le voir en songe, il rapporta une vision dans laquelle son père l’introduisait auprès d’un groupe de disciples du cheikh Tijani, lui indiquant que c’était là qu’il trouverait ce qu’il recherchait.
Il est également rapporté qu’il rencontra de nombreuses personnes ayant connu directement le cheikh Sidi Ahmed Tijani, lesquelles le tenaient en haute estime et voyaient en lui un signe béni de cette voie.
Rayonnement scientifique et spirituel
Il alliait savoir religieux, transmission du hadith, maîtrise de l’exégèse et formation spirituelle. Ses assemblées de hadith et d’enseignement contribuèrent à faire de lui une référence respectée dans le paysage religieux marocain.
Décès
Il décède dans la nuit du dimanche, à onze heures, le 29 Rajab 1309 H / 28 février 1892.
La prière funéraire fut dirigée à la grande mosquée de Rabat par le qadi et savant Sidi Ahmed Bennani Ar-Ribati, puis il fut enterré dans son riyad, lieu même où il tenait ses assemblées de hadith.
Héritage
Sidi Muḥammad Larbi Ben Sayeh a laissé un héritage à la fois scientifique et spirituel considérable. Son nom demeure attaché à la transmission du savoir, à la piété et à l’enracinement de la tradition tijanie au Maroc.

